Cultures du monde/Europe

« Cinéma, mon amour » de Alexandru Belc

par Angela Ilie Bednarovschi et Madalina Alexe

Le 17 mai prochain, le documentaire roumain « Cinéma, mon amour », réalisé par Alexandru Belc, sort dans les salles de cinéma en France.

C’est l’histoire d’un combat, celui que Victor, directeur de cinéma à Piatra Neamt (ville du nord-est de la Roumanie) mène depuis plus de 40 ans. Avec ses deux employées, il se bat quotidiennement pour tenter de sauver sa salle – Cinematograful Dacia – l’une des dernières de Roumanie.

Ce cinéphile militant rêve d’ouvrir dans sa ville un centre culturel qu’il appellerait « CINEMA MON AMOUR ».

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Café des Roumains: Comment êtes-vous devenu le protagoniste du documentaire « Cinéma, mon amour » ?

Victor Purice: J’ai rencontré Alexandru Belc lors de son arrivée à Piatra Neamt. Il était là pour filmer les salles de cinéma du réseau RomaniaFilm, des salles qui sont tombées en ruine. A l’époque, j’avais déjà décidé avec mes employées de démarrer des travaux au cinéma Dacia. Nous n’avions reçu aucune aide financière. Mon espoir était que si notre histoire allait être racontée dans un long-métrage, d’autres gens se sentiraient touchés par cette problématique et l’on pourrait réunir nos énergies.

Café des Roumains: Quels genres de films sont projetés au cinéma Dacia à Piatra Neamt et qui sont vos spectateurs les plus fidèles ?

Victor Purice: Nous choisissons principalement des productions roumaines et européennes. Nous organisons souvent des rencontres avec les acteurs et les réalisateurs, ce qui attire un public enthousiaste. Nous comptons parmi les spectateurs les plus fidèles beaucoup de jeunes. Et aussi des « nostalgiques » qui n’ont pas oublié leurs années d’enfance passées dans cette salle. Nous avons collaboré étroitement avec cette nouvelle génération de cinéphiles pour monter le projet SALVAM DACIA (Nous sauvons Dacia) – une série de trois spectacles et projections de films roumains. Grâce à la mobilisation des jeunes sur les réseaux sociaux, nous avons accueilli pour cet événement pas moins de 1 500 personnes. L’argent des entrées a été utilisé pour la rénovation des principaux halles d’accès du cinéma. Le prochain événement SALVAM DACIA est prévu pour fin mai, notre but étant de récolter les fonds pour moderniser la salle de projection.

Café des Roumains: Qui sont vos concurrents à Piatra Neamt ? Combien de salles de cinéma existent dans la ville ?

Victor Purice: Avant 1990, nous avions trois salles de cinéma à Piatra Neamt, aujourd’hui il n’en reste que Dacia. Le cinéma Pietricica a été vendu et transformé en boîte de nuit, tandis que Cozla a été repris par la Mairie et ensuite laissé tomber en ruine. Aujourd’hui, cette salle est totalement détruite. Notre concurrent actuel est un cinéma de type multiplex (Cinema City), ouvert en décembre 2016 au sein d’un centre commercial. Pourtant, je ne le considère pas un vrai concurrent, car nous attirons des publics différents.

Café des Roumains: Quelle relation avez-vous entretenue avec les autorités locales ?

Victor Purice: Je n’ai jamais eu une appartenance politique, ma seule doctrine est l’amour du cinéma et de la culture. Je suis ami avec tous ceux qui n’essaient pas de nous mettre des bâtons dans les roues.

Café des Roumains: Vous avez choisi de rester en Roumanie, alors que votre famille est installée à l’étranger, en Italie. Pensez-vous encore aujourd’hui que c’était une bonne décision ?

Victor Purice: Cela fait 13 ans que ma famille essaie de me convaincre d’arrêter cette lutte pour le cinéma Dacia… Selon eux, c’est un combat sans fin. Mais ce qui nous a donné un peu d’espoir sont les derniers projets réalisés avec l’aide des jeunes de Piatra Neamt et de la nouvelle direction de RomaniaFilm : nous avons installé un système de projection en 3D et un système de son multicanal. Nous avons également mis du chauffage dans la salle de projection. Cette évolution a été déclenchée par le lancement du documentaire « Cinéma, mon amour ».

Café des Roumains: Pensez-vous que la projection du documentaire en Roumanie et à l’étranger pourrait contribuer à l’amélioration de cette situation en Roumanie ?

Victor Purice: Ce que j’attends de ce film est de voir son message confédérer du monde, de vrais amis, autour de notre projet. Nous avons envie de montrer que si l’on veut redonner une vie à la culture et au cinéma roumain, cela est possible. Il faut juste être motivé et aimer ce que l’on fait.

Pour le réalisateur Alexandru Belc, il s’agit d’une histoire révélatrice du combat mené à travers le pays pour sauver les cinémas « Art et Essai » :

« J’ai la conviction que, petit à petit, la situation va s’améliorer. Ces salles sont les seuls endroits où le public peut visionner des productions roumaines et européennes, et notamment des films d’auteur. »

« Cinéma, mon amour » de Alexandru Belc : sortie en salle le 17 mai

Distribué par Outplay Films

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