Cultures du monde/Dossiers

Cristina Hermeziu, l’ambassadrice du livre roumain

par Nausica Baciu

Journaliste littéraire, essayiste et médiatrice culturelle, Cristina Hermeziu nous livre son quotidien, ses états d’âme ainsi que sa vision du peuple roumain. Diplômée de l’Institut Français de Presse, Cristina Hermeziu est aujourd’hui correspondante à Paris pour plusieurs médias roumains et offre aux lecteurs un point de vue audacieux sur la société française et les changements qui s’opèrent au niveau culturel et sociétal.

En 2011, le livre “La Révolution de loin” (Revolutia din departare) signé par Cristina Hermeziu est sorti à Bucarest. Il s’agit d’un recueil d’interviews de 30 jeunes roumains ayant émigré aux quatre coins du monde après la Révolution roumaine de 1989. Des témoignages forts que l’auteure du livre résume en quelques mots:

“L’éloignement dans le temps et dans l’espace transforme la Révolution roumaine dans une (r)Evolution. Ce livre est une compilation de révolutions personnelles d’immigrés roumains, pour lesquels le fait de blâmer son pays natal pour ne pas avoir évolué plus rapidement et plus profondément n’est autre qu’une suprême et douloureuse forme d’amour.”

Installée à Paris depuis plusieurs années, Cristina ne regrette aujourd’hui qu’une seule chose : dans sa ville d’adoption il n’y a aucune librairie roumaine. Tous les ans, elle nous invite ainsi à visiter le Salon du livre pour dénicher les derniers trésors de la littérature roumaine. Rencontre.

Café des Roumains : Comment s’est déroulé pour vous la Journée des droits des femmes cette année?

Cristina Hermeziu : Est-­ce si spécial le 8 mars ? Je n’épingle pas ce jour­-là d’une manière particulière dans le calendrier… J’ai eu un rendez-­vous pour faire le point autour d’un projet en cours qui vise à faire connaître en France les blogueurs parents les plus influents de Roumanie (à découvrir leurs portraits, en français, sur Paroles de mamans, rubrique Parents à l’étranger); j’ai déjeuné avec une amie que j’admire beaucoup pour son esprit libre et son talent aux langues étrangères ; j’ai mis mes boots rouges (je me rappelle, parce que l’on m’a fait une remarque à propos) ; j’ai écrit sur Facebook que je n’étais pas à proprement parler fan de ce jour « de fête » parce que je crois que le véritable 8 mars tombe précisément les jours quand on reçoit des fleurs sans raison aucune ; j’ai dîné avec mes deux garçons, l’un de dix ans, l’autre de 40 et quelques, un bouquet de fleurs entre nous.

Café des Roumains : Qu’est-­ce qui occupe la première place sur votre liste de vœux aujourd’hui ?

Cristina Hermeziu : J’ai le projet de commencer un blog littéraire vidéo (en français) … un peu décalé. J’ai quelques idées farfelues, mais d’abord c’est la logistique que je dois mettre au point.

Café des Roumains : Avec qui aimeriez-vous prendre un café ?

Cristina Hermeziu : J’aimerais pouvoir interviewer un jour Pascal Quignard. Ses pages de littérature ont la beauté limpide d’un haïku et l’opacité grisante d’une énigme.

Café des Roumains : Un message pour les lecteurs et lectrices du Café des Roumains ?

Cristina Hermeziu : Depuis la nuit des temps on a dit que le Roumain était né poète. De nos jours je dirais que le Roumain est né conteur, raconteur, fabuliste, hâbleur, bluffeur, beau parleur et par-dessus tout poète. Vous savez, n’est-­ce pas, que pour le siroter, les Roumains préparent d’habitude le café turc : cela veut dire plus de temps pour papoter et, oui, plus d’histoires à partager. Pourquoi pas sur Café des Roumains ?

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