Manifestations

Quelle démocratie pour les Roumains ?

Dimanche 1er décembre, fête nationale de la Roumanie : la diaspora roumaine d’Europe s’est donné rendez-vous en plein coeur de Bruxelles, lors de la 14ème semaine de mobilisation contre le projet de mine d’or à Rosia Montana et l’extraction des gaz de schiste par la fracturation hydraulique.

Une vingtaine de personnes ont fait le déplacement depuis Paris. A 8h30, départ imminent depuis l’Esplanade Saint-Louis : “On se croirait en colonie de vacances, rigole l’une des militantes, excitée à l’idée du voyage engagé. Pour le prochain déplacement, on ira à Rosia Montana”. Quatre heures plus tard, arrivée dans la capitale de l’Europe, où les manifestations pour célébrer la fête de la Roumanie étaient sur le point de commencer. Devant l’Atomium, plusieurs centaines de Roumains sont venus écouter des chansons folkloriques. Une hora (danse traditionnelle) géante se forme rapidement. Mais l’heure tourne vite, le rassemblement pour Rosia Montana commence dans peu de temps sur la Place de l’Albertine.

Plus de 150 personnes venues du Luxembourg, d’Allemagne, d’Autriche, d’Espagne, de Belgique et de France arborent le drapeau roumain et les pancartes “Non au cyanure”, “Stop gaz de schiste”. Ils chantent l’hymne roumain et se mettent à crier “Unis sauvons Rosia Montana”. Pour beaucoup, c’est devenu une routine : tous les dimanches depuis le 1er septembre, les Roumains sortent dans la rue manifester, dans les grandes villes du pays et les capitales mondiales. On distribue des tracts et on explique aux Bruxellois l’importance du soutien de l’Europe.  Ils sont touchés et promettent d’aller signer les pétitions en ligne. Un Anonymous fait son apparition pour nous proposer des shots verts fluos. On nous demande ensuite de soutenir la candidature aux élections européennes d’un indépendant – Erwin Albu – activiste pour les droits humains et contre l’exploitation du gaz de schiste. Plusieurs dizaines signent, il lui faut 100 000 signatures avant le 31 décembre, pour pouvoir se présenter en mai 2014. A 16h55, on commence à ranger les pancartes et drapeaux. Une hora plus tard, nous quittons la place, avec la satisfaction du travail bien accompli. Sur la route de retour, on prend des nouvelles de la “maison” : “Il y a eu 300 personnes au Trocadéro !”. Avant minuit, on se quitte, plus que jamais avec l’espoir que les choses finiront par s’arranger.

Pendant la nuit, environ mille gendarmes ont été déployés à Pungesti (Est de la Roumanie) face aux villageois qui s’opposent à l’exploitation du gaz de schiste. Dix fois moins nombreux, les habitants ont été victimes d’agressions, alors que l’accès dans la commune a été bloqué. Selon l’AFP, les journalistes locaux ou internationaux sont également tenus à l’écart.

Un appel à la solidarité internationale est lancé sur les réseaux sociaux, des ONG à travers le monde sont contactées par les activistes roumains. Le mot-dièse sur Twitter et Facebook est devenu #humanrights. Les premières réactions sont françaises. L’espoir revient petit à petit, mais la situation est hors du contrôle.

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