Manifestations

Espace culturel Louis Vuitton : la Roumanie en scène

L’Espace culturel Louis Vuitton à Paris, lieu incontournable de l’art contemporain international, accueille l’exposition Scènes roumaines du 11 octobre au 12 janvier 2014. Créé en 2006, l’Espace culturel a pour vocation de s’intéresser aux artistes originaires des quatre coins du monde et de faire découvrir des cultures étrangères diverses, généralement peu dévoilées aux large public. Après l’Inde, la Russie, le Chili, l’Indonésie ou la Corée, c’est la Roumanie qui entre en scène, avec ses peintres historiques (Geta Bratescu, Ioana Batranu, Ion Grigorescu), ainsi que l’effervescente école de Cluj – Fabrica de pensule. Depuis l’ouverture de l’exposition, plus de 8 000 visiteurs se sont rendus dans l’Espace culturel Louis Vuitton.

Au 60 rue de Bassano, dans le huitième arrondissement, nous prenons l’ascenseur obscur, spécialement créé par l’artiste danois Olafur Eliasson. “Nous allons faire ce trajet dans le noir, annonce notre accompagnateur. Il s’agit de retrouver tous les sens dans le calme et l’obscurité totale”. Une fois arrivées au septième étage, nous sommes accueillies chaleureusement par plusieurs membres de l’équipe. Gilles Moorghen, responsable des publics et des relations extérieures, nous conduit dans la Cuisine, grande pièce conviviale, où nous rencontrons Marie-Ange Moulonguet, directrice de l’Espace culturel Louis Vuitton, et Hervé Mikaëloff, consultant pour la fondation et commissaire de l’exposition Scènes roumaines.

Communiqué

En juillet 2012, Marie-Ange Moulonguet et Hervé Mikaëloff sont partis à la découverte des artistes contemporains roumains. Pourquoi la Roumanie ?

Marie-Ange Moulonguet : Jusqu’aux Scènes roumaines,  nous n’avions pas exploré le continent européen. On s’était demandé comment l’aborder, où aller, puisque c’est vaste, il y a beaucoup de pays. Et comme souvent dans la vie, les projets passent par des rencontres. Hervé Mikaëloff m’avait présenté Rodica Seward, présidente de la maison de vente Tajan. Elle est Roumaine, est partie vivre aux Etats-Unis pour une longue période, avant de s’installer à Paris. C’est grâce à Rodica Seward et Mihai Pop (fondateur de la Galerie Plan B à Cluj et Berlin) que nous avons pu faire des rencontres extraordinaires en Roumanie. A Bucarest, nous avons été accueillis d’une façon formidable par Geta Bratescu. A 87 ans, elle nous a raconté son vécu, nous avons écouté sa parole, tout en découvrant en même temps ses oeuvres. C’était époustouflant… Nous avons aussi rencontré Ioana Batranu, Ion Grigorescu. Pour la première fois, on n’a pas pu s’empêcher de parler de la scène historique, pour ensuite passer aux jeunes artistes regroupés à Cluj, dans la Fabrica de pensule (ndlr La Fabrique de pinceaux). Vous allez voir, il y a deux mondes dans cette exposition. Lorsque nous nous sommes rendus en Roumanie en 2012, avec Hervé Mikaëloff, nous n’avions pas d’idée sur ce que nous allions trouver là-bas.

Vous avez donc pris un risque dès le départ ?

Marie-Ange Moulonguet : Le risque, c’est inhérent à l’action que l’on peut mener dans un espace d’art contemporain. On a un point de vue, une position, bien sûr il y a des critiques. J’ai reçu récemment un mail critiquant l’exposition – pourquoi vous avez choisi tel et tel, pourquoi vous vous être attaqués à la peinture… Après, c’est le regard de deux personnes à un moment donné. C’est la liberté d’être, qui n’impose pas, mais qui raconte. Encore une fois, ce n’est pas exhaustif, c’est juste une histoire que l’on a raconté dans l’Espace.

Ioana Batranu Melancholic interior 2012 Acrylic on canvas 247 x 297cm Copyright: Ioana Batranu Courtesy: Plan B, Cluj / Berlin

Ioana Batranu Melancholic interior 2012 Acrylic on canvas 247 x 297cm Copyright: Ioana Batranu Courtesy: Plan B, Cluj / Berlin

Oana Farcas Blue man Date: 2012 oil on linen 30 x 20 cm Copyright: Oana Farcas Courtesy: Oana Farcas

Oana Farcas Blue man Date: 2012 oil on linen 30 x 20 cm Copyright: Oana Farcas Courtesy: Oana Farcas

Au-delà des découvertes artistiques que vous avez fait à Cluj et Bucarest, quelles ont été vos impressions par rapport à la Roumanie ?

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Afin de prolonger l’expérience de l’exposition, l’Espace Louis Vuitton organise des activités pour le jeune public, ainsi que des ateliers de création gratuits et ouverts à tous

Marie-Ange Moulonguet : C’est difficile de parler d’un pays après y avoir passé assez peu de temps. A Bucarest, ce qui m’a beaucoup frappé c’étaient les traces du passé, des maisons  magnifiques, des jardins, d’une certaine atmosphère, comme je pouvais retrouver dans des livres que j’avais lu. La langue aussi, elle m’a semblé très proche de la nôtre. Je finissais par comprendre… Et puis il y a une espèce de sympathie, de proximité très forte, de créativité, d’allégresse. Tout semblait être très simple.

Ciprian Muresan Illustrations for the chapter Another Genre in Crisis from the book The Golden Calf by Ilf and Petrov The Golden Calf Pencil on paper 38,1 x 30,48 cm 2011 Copyright : Tajan SA Courtesy: Private collection

Ciprian Muresan Illustrations for the chapter Another Genre in Crisis from the book The Golden Calf by Ilf and Petrov The Golden Calf Pencil on paper 38,1 x 30,48 cm 2011 Copyright : Tajan SA Courtesy: Private collection

Comment s’est déroulé votre visite à Cluj, à la Fabrica de pensule ?

Marie-Ange Moulonguet : Nous nous sommes rendus à Fabrica de pensule deux fois, en juillet 2012 et en mars de cette année. Lors de la deuxième visite, je me suis aperçue que dans les studios de tous les artistes il n’y avait que de nouvelles oeuvres, certains avaient mêmes changé de technique au bout de six mois, c’était incroyable ! Ce qui m’a beaucoup frappé, c’est à quel point les gens font des choses ensemble en Roumanie. Les artistes se retrouvent ensemble, ils créent dans un lieu dont ils investissent les différentes parties, mais ensemble. Ça pour les Français, c’est très particulier.

Adrian Ghenie Dr  Josef 2011 Oil on canvas 60 x 50cm Private collection Courtesy: TAJAN S.A.

Adrian Ghenie Dr Josef 2011 Oil on canvas 60 x 50cm Private collection Courtesy: TAJAN S.A.

Sergiu Toma The Astronomer 2013 Painting 200x200 cm Copyright: Tajan SA Courtesy: Private Collection

Sergiu Toma The Astronomer 2013 Painting 200×200 cm Copyright: Tajan SA Courtesy: Private Collection

Pensez-vous que l’art contemporain roumain a une bonne visibilité aujourd’hui en France ?

Marie-Ange Moulonguet : Les artistes roumains sont peu montrés dans les galeries françaises. Mais c’est le cas pour plein d’autres pays. En rentrant de Bucarest, je m’étais dit que j’aimerais parler au président du Centre Pompidou, ou du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, leur dire “Envoyez quelqu’un là-bas faire des recherches et organisez une exposition sur ces artistes”. Peut-être que cette exposition-là, et ces rencontres de directeurs de centres d’art vont donner envie de continuer l’histoire.

Propos recueillis par Adela Toie et Madalina Alexe

Exposition Scènes roumaines à l’Espace culturel Louis Vuitton, 60 rue de Bassano, Paris 8ème

Ouverte du 11 octobre 2013 au 12 janvier 2014

Artistes : Ioana Bătrânu, Dan Beudean, Mihuț Boșcu Kafchin, Geta Brătescu, Simon Cantemir Hauși, Oana Fărcaș, Adrian Ghenie, Ion Grigorescu, Ciprian Mureșan, Sergiu Toma, Mircea Suciu, Șerban Savu, Bogdan Vlăduță.
Commissaire : Hervé Mikaeloff

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