Europe

L’attractivité internationale des universités françaises et européennes

par Andreea Dumitrascu

Des membres de la Commission européenne et des universités parisiennes se sont réunis mardi, 22 avril, à la Maison de l’Europe pour parler de l’attractivité internationale des universités françaises et européennes.

L’ex-directrice générale de l’Éducation, la Culture et la Jeunesse à la Commission européenne, actuellement professeure à Sciences Po et à l’Escp/Europe, Odile QUINTIN, a introduit le débat en soulignant prudemment le rôle souverain des États membres dans le domaine de l’éducation. Le problème soulevé en premier: la mauvaise place des universités françaises dans le classement de Shanghai.

Monsieur Xavier PRATS-MONNÉ, directeur général adjoint de la DG Éducation et Culture de la Commission européenne, a commencé par un compte-rendu de la situation en France : il s’avère que 12% des étudiants en France sont des étrangers, dont 40% proviennent des pays de la francophonie. Monsieur Prats-Monné met l’accent sur le rôle qu’on devrait accorder aux avancements technologiques dans l’éducation et n’a pas peur de préconiser un bel avenir aux MOOC (cours en ligne gratuits, sur des plate-formes telles que coursera.org ou edx.org), sujet en débat dans l’actualité. En réponse au classement de Shanghai, qui reste limité et est basé surtout sur la capacité de recherche d’une université, l‘Union européenne est en train de construire son propre ranking. Dans le contexte éducationnel actuel, l’Union européenne peut avoir un rôle de moteur, en donnant des incentives aux universités et organismes de recherche.

Il précise d’ailleurs que le budget global européen n’est en augmentation que dans les domaines de l’innovation et de la mobilité internationale.

Le recteur de l’Académie et Chancelier des Universités de Paris, Monsieur François WEIL, énumère d’abord les points forts de sa circonscription – Paris : grandes institutions connues à l’international, des “marques” historiques, diversité des domaines, la ville internationale, les faibles frais d’inscription. Il n’hésite pas à en mentionner les inconvénients : le problème du logement, avec lequel tout Parisien est familier, ou bien des erreurs de gouvernance (référence à la Circulaire Guéant du précédent gouvernement, abolie par Geneviève Fioraso, actuelle Ministre de la Recherche en France). En ce qui concerne la présence dans le classement de Shanghai, pour Monsieur Weil le problème tient surtout au “mille-feuille universitaire” – la fragmentation entre universités, grandes écoles, établissements de recherche. En France, la recherche n’appartient pas aux universités, comme ailleurs, ce qui empêche l’encadrement dans la plupart des classements. Pour parer à ce désavantage, des regroupements sont en cours, dont la réussite de l’Université de Strasbourg.

La parole au public, les débats ont porté sur le processus de Bologna – appliqué à la française, en gardant les anciens diplômes sous un nouveau nom, sur le nouveau projet de loi de Geneviève Fioraso – en faisant noter que le rapprochement universitaire doit se faire en gardant l’avantage compétitif français, donné par ce “mille-feuille”, ou bien sur les cours dispensés en anglais en France – rapporté au maintient d’une place forte de la francophonie sur la scène internationale.

L’Europe ne peut pas se permettre les coûts d’une éducation médiocre” a conclu Monsieur Prats-Monné, en souhaitant que l’Europe profite de son expérience, tout en s’adaptant le plus vite aux changements technologiques et sociétaux.

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Trois jours avant cette réunion, le 19 avril, a eu lieu en Belgique la conférence annuelle de l’Association européenne des universités (EUA), où ont été présentés les résultats d’une enquête en ligne concernant l’internationalisation des universités. Il en ressort qu’environ la moitié des universités européennes ont déjà adopté une stratégie d’internationalisation et environ 90 % d’entre elles estiment qu’une stratégie européenne en la matière leur apporterait une valeur ajoutée. Il semblerait également que le nouveau programme “Erasmus pour tous” (2014-2020) apportera un soutien plus important aux universités.

La Commission européenne a également proposé de réviser le cadre juridique concernant les conditions de résidence en Europe des chercheurs, étudiants et stagiaires non européens, pour leur faciliter le séjour en Europe et donc contribuer à l’attractivité des universités européennes.

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