Minorités

Cherche mon pays sur google !

La pièce de Mihaela Michailov – Cherche mon pays sur google ! – a été présentée dans le cadre de la Saison roumaine en Syldavie, par la Maison d’Europe et d’Orient.

Mihaela Michailov est une auteure dramatique roumaine, dont les œuvres traitent des bouleversements dans la société roumaine post-communiste. Après Le complexe Roumanie (prix UNITER en 2006), La Famille Offline et Comment Barbie traverse la crise mondiale, Mihaela Michailov s’attaque à la question de la discrimination envers les Noirs et les Roms. 

A travers Cherche mon pays sur google !, on s’aperçoit que le racisme est vécu comme une évidence dans la société roumaine contemporaine: que ce soit à l’intérieur de la famille, à l’école ou dans les médias, l’obsession pour la perfection (la « blancheur », le « 20/20 » ) est bien inculquée dans la tête des Roumains, dès leur plus jeune âge. Les valeurs sont fixes, les critères, rigides, celui qui n’y correspond pas reste hors-jeu.

La pièce de Mihaela Michailov est provocatrice, politique et sans concession. A travers les 13 actes, nous assistons à des scènes de la vie de tous les jours, qui montrent les dérapages de comportement et de discours, la haine de la différence, la peur de l’Autre. A la fin, quelqu’un du public se lève pour lire l’épilogue… Un monde immaculé:

Mihaela Michailov a écrit cette pièce en s’appuyant sur de nombreux témoignages recueillis en Roumanie. Une partie de l’histoire est tirée des expériences vécues par une actrice métisse vivant à Bucarest. Elle consacre une attention particulière au discours « effrayant » des politiciens, toujours obsédés par l’image du pays à l’étranger, et dont le rôle est justement de représenter au mieux le pays.

Dans son intervention à la Maison d’Europe et d’Orient, Mihaela Michailov revient sur les « liaisons dangereuses » qui existent entre l’Etat, l’Eglise orthodoxe et les mairies en Roumanie. Ce monopole de l’espace public contribuerait à la banalisation des comportements racistes, en les institutionnalisant.

Saimir Mile, président de l’association La Voix des Rroms, rappelle lui-aussi le danger des discours des politiques ou des représentants religieux, qui marquent les esprits profondément, que ce soit en Roumanie ou en France:

« En Roumanie le racisme est quelque chose de populaire, et cela a toujours été comme ça. Mais on fait quand même attention dans les hauts milieux. En revanche en France, on commence à se lâcher de plus en plus. »

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