Europe

L’ambassadeur d’Irlande à la Maison de l’Europe

par Fabien Carlat

La République d’Irlande assure depuis le 1er janvier 2013 la présidence de l’Union européenne, et le fera jusqu’au 30 juin. Le 9 avril dernier, l’Ambassadeur d’Irlande à Paris, Son Excellence Monsieur Paul Kavanagh, était présent à la Maison de l’Europe, pour évoquer cette direction. La rencontre a été animée par Mme Catherine Lalumière, présidente de l’institut sis à l’Hôtel de Coulanges, rue des Francs-Bourgeois, dans le 4e arrondissement de Paris.

Paul Kavanagh a commencé son discours par une plaisanterie sur le nom de la rue (en disant qu’un anglophone traduirait mot à mot « The Street of the Outspoken Middle-Class ») et un hommage au « coté charmant » de Margaret Thatcher, décédée quelques jours plus tôt. « Elle a fait une très grande contribution au lancement du processus de paix » en Irlande du Nord, a-t-il affirmé, évoquant « l’accord de 1985 » ayant ouvert la voie à « l’accord du Vendredi Saint de 1998 ».

L’ambassadeur d’Irlande a expliqué l’opposition de son pays à une taxe sur les transactions financières : « Nous ne sommes pas contre pour des raisons idéologiques, nous sommes pragmatiques. Ce secteur représente 30 000 emplois en Irlande, nous ne voudrions pas céder des avantages compétitifs à la Suisse ou à Londres. »

Et Paul Kavanagh de comparer la situation économique actuelle de l’Irlande à un passé où l’île n’était « qu’une grande ferme avec la brasserie Guiness au bout ». « Nous avons bénéficié de la PAC ; nous avons transformé la main-d’œuvre du pays en favorisant l’entreprise, nous avons amélioré l’accès à l’emploi des femmes, l’accès à l’éducation des classes populaires. La dépénalisation de l’homosexualité a été impulsée par une décision de Strasbourg. Nous ne sommes plus « une île derrière une île », pour reprendre l’expression de Michelet », a lancé l’ambassadeur.

Selon lui, l’adhésion de l’Irlande à la Communauté économique européenne (CEE, future UE) en 1973 a favorisé le processus de paix en Irlande du Nord. « L’euroscepticisme n’a jamais été un élément très fort en Irlande. On a voté non la première fois [au Traité de Lisbonne, en 2008], on a voté oui la deuxième fois [un autre référendum a eu lieu en 2009]. ». L’ambassadeur reconnaît « l’erreur » de la « bulle immobilière », qui a fini par « éclater » en 2008. Il défend la recapitalisation des banques : « jusqu’à 41% du PIB, 64 milliards d’euros payés par le contribuable irlandais grâce à des prêts de nos partenaires européens ». « Pourquoi on a assumé ? Il fallait défendre la réputation de l’Irlande par rapport aux investisseurs. » M. Kavanagh salue la décision des syndicats de la fonction publique qui ont voté « pour une baisse de leurs salaires » : « Ils sont réalistes. C’est un pays de tradition catholique, si on commet des péchés, il faut payer », a-t-il plaisanté.

Vient le moment des questions. Interrogé sur l’attitude de la présidence irlandaise au Moyen-Orient, l’ambassadeur a précisé : « c’est Mme Ashton qui préside et forge le consensus. Nous, la présidence irlandaise, nous ne sommes pas les meneurs. » Le Café des Roumains a profité de l’occasion pour poser une question sur l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’espace Schengen, attendue depuis 2010 : « Est-ce qu’il y a du nouveau à ce sujet ? ». Apparemment non, la question avancera « à la fin de l’année, sous présidence lituanienne ».

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